Paul VILLAIN, Président de l’Association des Brûlés de France
Commençons Monsieur le Président par des chiffres ?
Il y a environ 300 000 victimes de brûlures en France par an, 13 000 nécessitent une hospitalisation dont 3 500 en centre spécialisé.
Et pouvons-nous chiffrer les conséquences des incendies domestiques ?
Environ 600 décès et 9 000 blessés.
Monsieur le Président, quel est votre bilan en 2011 ?
L'Association des Brûlés de France a bien changé depuis quelques années. Nous avions 150 adhérents et donateurs en 1996, plus de 7 000 à ce jour.
Nos efforts ont porté sur l'assistance administrative et juridique auprès de nos membres. Nous avons à l'heure actuelle 3 cabinets d'avocats qui peuvent assister avec succès nos adhérents.
Nous avons également abouti sur un dossier très délicat. La peau n'était pas considérée comme un organe et, de ce fait, il n'y avait pas de taux d‘IPP accordé pour les victimes ou très faible. C'est désormais chose faite depuis février 2001.
Enfin, nous avons, avec l'aide de nos avocats, créé un service d'experts pour que les victimes soient si possible assistées par des médecins spécialistes de la brûlure lors des expertises. A ce titre, nous avons été très soutenus par le Professeur Baux qui exerçait à l'hôpital Rothschild et au service des brûlés de Saint Antoine.
A l'heure actuelle, de nombreuses expertises sont faites par des médecins spécialisés qui apportent un avis pertinent.
Enfin, plusieurs prises en charge ont été obtenues par notre Association, notamment le remboursement des cures thermales pour les brûlés, des vêtements compressifs, des prothèses d'expansions cutanées. Et nous avons créé un service de maquillage, pour aider les victimes qui le souhaitent à dissimuler leurs cicatrices et changer le regard des autres.
C'est un beau palmarès Monsieur le Président !
Je dois reconnaître qu'au niveau européen, nous sommes l'association qui offre le plus de services à ses adhérents.
Quelle est la position de l'Association des Brûlés de France sur les éventuels abus pour les installations de détecteurs de fumée ?
Tout d'abord, il faut vérifier que les détecteurs de fumée aient bien la certification Afnor. Le détecteur doit avoir la marque NF. Il doit aussi répondre à la norme européenne EN 14604.
Je rappelle qu'un détecteur de fumée vaut environ 20 € et est très simple à installer : dix minutes suffisent, cela ne nécessite donc pas un budget important. Mon association dénoncera tous les dysfonctionnements concernant les détecteurs autonomes de fumée, y compris les dérives de certains revendeurs et installateurs.
La prévention incendie a besoin d’un relais constant dans l’opinion. Les acteurs institutionnels, les associations et les entreprises privées ont un rôle majeur à jouer pour sensibiliser les Français aux dangers des incendies domestiques.
La protection passive contre l'incendie englobe toutes les mesures préventives, prises au moment de la construction d'un bâtiment, pour empêcher la progression d'un feu quand un incendie se déclare. Quand on conçoit ou qu'on rénove un bâtiment ou un nouveau logement, on peut utiliser différents types de matériaux plus ou moins inflammables. Ils sont caractérisés par leur temps de réaction au feu, c'est à dire le temps qu'ils mettent à s'enflammer.
Ainsi, un tissu ignifugé qui recouvre un canapé ou qui est utilisé comme rideaux, un matériau d'isolation plus ou moins inflammable, alimenteront un feu plus ou moins difficilement, donc plus ou moins tardivement. Les différents degrés de performances de ces matériaux sont désormais fixés de la même manière partout en Europe.
Ceux qui conçoivent les bâtiments sont également dans l'obligation de prévoir des cloisons, des plafonds, des portes… qui résistent au feu suffisamment longtemps pour permettre aux pompiers d'accéder aux locaux, essentiellement, dans les bâtiments publics et les parties communes des immeubles d'habitation. On parle alors de résistance au feu des ouvrages, cages d'escaliers, portes de sortie, cloisons coupe feu, systèmes d'évacuation des fumées... retardant la propagation d'un feu.
Les industriels, qui proposent des matériaux et des procédés constructifs répondant aux exigences de sécurité de la protection passive contre l'incendie, sont regroupés au sein de l'Association Française pour la Protection Passive contre l'Incendie.
Association régie par la loi du 1er juillet 1901, l'AFPPi regroupe les fabricants ou importateurs de matériaux, produits ou systèmes destinés à la protection passive contre l'incendie - les fabricants applicateurs-projeteurs -, ainsi que les syndicats, associations ou regroupements représentatifs des fabricants.
L'AFPPi a pour but :
- de promouvoir les techniques de protection passive contre l'incendie,
- de défendre les intérêts généraux des professions représentées,
- de représenter ses adhérents auprès des administrations et des organisations professionnelles et techniques, nationales et internationales, laboratoires d'essai, organismes de contrôle, comités de normalisation, instances gouvernementales.
E-mail : partenaires@attentionaufeu.fr