Lieutenant-Colonel Jean-Luc Queyla, Commission fédérale des sapeurs-pompiers de France
Lieutenant colonel vous êtes à l'initiative de l'opération « un pompier un détecteur », comment vous est venue l'idée ?
Je fais partie de la commission fédérale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) et nous nous sommes beaucoup investis dans le texte de loi visant à rendre les détecteurs obligatoires en France.
En 2007, le thème de notre congrès annuel était sur le thème de l'incendie domestique. L'étude réalisée a démontré qu'il y avait beaucoup moins de risques au travail ou pendant ses loisirs que chez soi en matière d'incendie. J'ai été tout particulièrement frappé de constater qu'un tiers des décès étaient des enfants de moins de 10 ans.
Et j'ai constaté que mes confrères, tout comme moi, n'avaient pas imaginé que leurs familles pouvaient être tant en danger face à l'incendie, risque que nous, sapeurs-pompiers, combattons au quotidien.
Ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés !
Exactement. Je me suis dit que les pompiers devaient être les premiers à donner l'exemple. D'où l'opération « un pompier un détecteur ». J'ai sensibilisé tout d'abord le Président de l'Union Départemental des pompiers de Vaucluse, puis avec lui, les pompiers de Vaucluse. Ils ont ainsi pris conscience du risque et surtout pour leur famille. De plus, nous avons souhaité donné à l'opération un caractère humanitaire. Pour chaque détecteur vendu, un Euro était reversé à l'œuvre des pupilles ; désormais, avec l'opération reprise au niveau national c'est 2 € qui sont reversé à l'œuvre des pupilles pour chaque détecteur vendu.
Apparemment votre initiative est un succès ?
Oui l'idée est partie du Vaucluse et désormais 31 départements ont prolongé et décliné l'idée. Lors de notre congrès 2010 l'idée a été officialisée. Par ailleurs, une fiche de présentation a été réalisée que nous mettrons dans les calendriers de pompiers et qui sensibilisera les Français, du moins ceux à qui nous distribuerons nos calendriers.
Un mot pour conclure
Les détecteurs de fumée n'empêcheront pas l'incendie mais diminueront largement les risques humains. Le détecteur de fumées est à l'incendie ce que la ceinture de sécurité est à la prévention routière.
La prévention incendie a besoin d’un relais constant dans l’opinion. Les acteurs institutionnels, les associations et les entreprises privées ont un rôle majeur à jouer pour sensibiliser les Français aux dangers des incendies domestiques.
La protection passive contre l'incendie englobe toutes les mesures préventives, prises au moment de la construction d'un bâtiment, pour empêcher la progression d'un feu quand un incendie se déclare. Quand on conçoit ou qu'on rénove un bâtiment ou un nouveau logement, on peut utiliser différents types de matériaux plus ou moins inflammables. Ils sont caractérisés par leur temps de réaction au feu, c'est à dire le temps qu'ils mettent à s'enflammer.
Ainsi, un tissu ignifugé qui recouvre un canapé ou qui est utilisé comme rideaux, un matériau d'isolation plus ou moins inflammable, alimenteront un feu plus ou moins difficilement, donc plus ou moins tardivement. Les différents degrés de performances de ces matériaux sont désormais fixés de la même manière partout en Europe.
Ceux qui conçoivent les bâtiments sont également dans l'obligation de prévoir des cloisons, des plafonds, des portes… qui résistent au feu suffisamment longtemps pour permettre aux pompiers d'accéder aux locaux, essentiellement, dans les bâtiments publics et les parties communes des immeubles d'habitation. On parle alors de résistance au feu des ouvrages, cages d'escaliers, portes de sortie, cloisons coupe feu, systèmes d'évacuation des fumées... retardant la propagation d'un feu.
Les industriels, qui proposent des matériaux et des procédés constructifs répondant aux exigences de sécurité de la protection passive contre l'incendie, sont regroupés au sein de l'Association Française pour la Protection Passive contre l'Incendie.
Association régie par la loi du 1er juillet 1901, l'AFPPi regroupe les fabricants ou importateurs de matériaux, produits ou systèmes destinés à la protection passive contre l'incendie - les fabricants applicateurs-projeteurs -, ainsi que les syndicats, associations ou regroupements représentatifs des fabricants.
L'AFPPi a pour but :
- de promouvoir les techniques de protection passive contre l'incendie,
- de défendre les intérêts généraux des professions représentées,
- de représenter ses adhérents auprès des administrations et des organisations professionnelles et techniques, nationales et internationales, laboratoires d'essai, organismes de contrôle, comités de normalisation, instances gouvernementales.
E-mail : partenaires@attentionaufeu.fr